• Chapitre 11

    Luka détestait devoir se déplacer à Edior. Le peuple qu’elle avait conquit ne l’avait jamais acceptée, bien que depuis la pendaison de la famille royale, il n’osait plus se révolter. Depuis que Miginnie récupérait une bonne partie de leurs récoltes, la région sombrait peu à peu dans la pauvreté. Luka ne s’en attristait guère. Mais il était de son devoir de montrer de temps en temps à la population qu’elle semblait se soucier de leur sort, afin d’éviter toute nouvelle rébellion.

    Cette journée-là avait bien commencé. La jeune reine avait fait des promesses, accepté la construction de nouveaux moulins pour augmenter l’offre de travail et la production de farine. Elle aurait presque pu retourner sans crainte à la capitale de son royaume. Mais cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait plus connu la sérénité. Une autre épée s’était rajoutée à celles qui pendaient déjà dangereusement au-dessus de sa tête. La fuite de Syla était une catastrophe. Tant qu’il vivait hors de sa portée, le peuple d’Edior continuait de nourrir l’espoir de le voir revenir sur le trône. Elle était furieuse contre ses chevaliers pour avoir commis une telle erreur. Syla était intelligent, bien plus que ses parents, rusé et fort. Il s’était méfié à juste titre du piège préparé et, récupérant habilement une épée, il avait battu au moins quatre hommes avant de réussir à s’échapper. Heureusement, cela n’avait pas impacté le reste du plan, et le roi et la reine finirent sur la potence. Mais la fuite du prince héritier laissait un arrière-goût de défaite dans la bouche de la reine. Il y a quelques jours, elle avait appris que Syla avait finalement refait surface. Il se trouvait à présent à Voline, et le roi Mikuo avait proposé un nouvel accord avec Miginnie. Il souhaitait garder le prince en otage afin d’être mis au même pied d’égalité que Katenze. Voline était trop petit pour représenter une menace, et si Luka tentait de récupérer le prince pour le faire tuer, elle s’attirerait encore plus la foudre du peuple, et de ses alliés. Elle n’avait donc eu d’autre choix que d’accepter, sous les mêmes conditions que la princesse Alys restée à Katenze. Luka n’avait jamais considéré cette dernière comme une menace directe. L’accord entre Miginnie et Katenze était solide et elle ne doutait pas de leur fidélité. Elle avait cependant envoyé des espions à Katenze pour vérifier que la princesse ne tombait enceinte.

    Luka soupira. Entre le vrai héritier de Miginnie qui risquait de venir réclamer son trône d’un moment à l’autre si Yuuma échouait dans sa mission, l’héritier d’Edior qui pourrait retourner Voline contre eux pour récupérer son royaume, et Alys qui pouvait également engendrer de nouveaux prétendants, elle se sentait entourée d’ennemis.

    Fatiguée, elle traversa la cour du château sans faire attention à ce qui l’entourait. D’autres personnes arpentaient la cour en tout sens dans un flux continu. C’est alors qu’une silhouette encapuchonnée se détacha soudainement de la foule et se mit à courir vers la reine, un poignard à la main. D’un coup d’oeil, Luka comprit que ses gardes étaient trop loin pour intervenir. La reine se prépara à se défendre de ses mains quand une jeune femme qui se trouvait près d’elle s’interposa. La silhouette encapuchonnée voulu la frapper pour l’éloigner, mais la femme était étrangement agile. Elle évita le coup, sortit à son tour un poignard et éventra l’agresseur. Tous les passants s’étaient éloignés de la scène de bataille, fuyant le danger. Il ne restait au centre de la cour que la reine, le cadavre de l’assaillant, et la jeune femme qui rangea son poignard. Elle avait des cheveux verts courts qui lui donnaient une impression de garçon manqué. Bigal, le capitaine de la garde, un homme à la carrure massive, approchait hâtivement avec son second, Cyman, également très musclé. Ils allaient appréhender la jeune femme, mais Luka leva la main pour leur demander de la laisser. Ils restèrent néanmoins près d’elle, prêts à la protéger du poignard que portait l'inconnue.

    - Tu m’as sauvée, la remercia la reine. Comment t’appelles-tu ?

    - Gumi, votre majesté.

    Elle semblait inquiète, pensant qu’elle aurait sans doute des ennuis d’avoir montré son poignard ou d’avoir tué un homme. Mais Luka voyait autre chose dans son regard. Elle voyait de l’admiration. Un sourire étira le visage de la reine.

    - Tu es très forte, Gumi. Qui t’a appris à te battre ?

    - Mon père. Il vend du pain aux alentours du château. Mais ces derniers temps, nous sommes souvent victimes de vol. Alors, il m’apprend à me défendre.

    - Ton père n’est-il pas le fournisseur de ce château ?

    - O-oui ! Et c’est moi qui suis chargée de livrer le pain ici, ajouta-t-elle fièrement.

    Luka lui sourit gentiment. Une jeune fille forte mais docile, qui semblait l’admirer autant que l’admirait Yukari, pourrait très bien lui être utile.

    - Serais-tu intéressée à travailler directement à mon service ? Je recherche de nouvelles servantes. Je donnerai un sac d’or à ton père en compensation, ce qui ne serait point négligeable en ces temps peu sûrs.

    Les yeux de la jeune fille s’agrandirent sous l’effet de la surprise.

    - Moi ? Ce serait… Ce serait un immense honneur… Mais je n’ai pas les manières, je ne sais pas si je pourrais...

    - Tu apprendrais très vite, tu as l’air du genre débrouillarde. A choisir entre une servante connaissant tous les us et coutumes de la cour sur le bout des doigts, et une servante capable de me protéger des agresseurs, mon choix est vite fait.

    La reine se tourna vers Cyman.

    - Escorte cette jeune fille jusqu’à son père. Prends un sac d’or et fais-lui la proposition. Puis, tu aideras Gumi à transporter ses affaires. Nous partons dès demain.

    Gumi s’inclina et la remercia un nombre incalculable de fois, puis elle suivit le garde en dehors du château. Pour elle, c’était une nouvelle vie qui commençait. Fini la dure vie de paysanne, et bonjour la vie de privilèges au château. De plus, son père serait payé d’une bonne somme d’argent qui compenserait la perte de sa seule employée. La reine l’impressionnait, mais elle avait l’air très généreuse. C’était sûr, Gumi avait hâte de travailler à ses côtés.


    ***

    Une jeune fille montait un cheval blanc sur une route au sud de Miginnie. Elle était équipée d’une cape noire dont la capuche dissimulait une grande partie de son visage. En approchant du point de rendez-vous, elle ralentit l’allure. La route était déserte. Au détour d’un virage, elle aperçut l’homme qu’elle cherchait. Yuuma l’attendait déjà, sur son propre cheval d’une magnifique robe noire. Le chevalier la salua d’un simple signe de tête.

    - Rien du tout, annonça-t-elle d’emblée. Je pense qu’il s’agit encore d’une fausse piste. Ils ont été très prudents…

    - Nous ne pouvons écarter aucune piste. Et à chaque piste que nous écartons, nous nous approchons de notre but.

    Les deux cavaliers reprirent leur route ensemble.

    - Quelle est notre prochaine destination ? Demanda la jeune fille.

    - Nous passerons la nuit à l’auberge des Amants Égarés. Elle se trouve à côté du bordel du même nom. Bien que nous soyons éloignés de toute ville, il y a beaucoup de passages. T’es-tu déjà rendue dans un bordel, Ayu ?

    - Bien sûr que non, répondit la jeune fille, mal à l’aise à cette perspective.

    - Les langues s’y délient facilement. Si il nous reste un espoir que cette piste ne soit pas une fausse, c’est bien à cet endroit que nous pourrons en avoir le cœur net.

    Ils chevauchèrent deux bonnes heures avant d’arriver à l’auberge. Comme l’avait expliqué Yuuma, une autre bâtisse se trouvait juste à côté, ainsi qu’une écurie. Deux jeunes femmes frivoles firent signe de la main au chevalier en gloussant. Ayu ne put s’empêcher de les trouver jolies, elles savaient mettre leur corps en valeur. Elle détourna les yeux, gênée. Les deux voyageurs descendirent ensuite de leur monture, les laissèrent à l’écurie, puis allèrent réserver une chambre à l’auberge. Alors que le soleil se rapprochait de l’horizon, ils mangèrent avec appétit le ragoût préparé par la femme de l’aubergiste. Comme l’avait annoncé Yuuma, il y avait effectivement beaucoup de passages. Principalement des hommes de tout statut, mais Ayu remarqua que plusieurs femmes semblaient entrer en tant que clientes dans le bordel.

    - Certains prostitués de cet établissement sont des hommes, expliqua Yuuma sur le ton de la conversation.

    - Vous avez l’air de bien le connaître, remarqua Ayu sans pouvoir cacher une pointe d’amertume dans la voix.

    - Je n’y ai portant jamais mis les pieds. Mais il est très réputé.

    - Quand y allons-nous ?

    - « Nous » ?

    Ayu vida son verre d’eau d’un trait et le reposa sur la table d’un air décidé.

    - Évidemment. Je ne vais pas rester toute seule à l’auberge pendant que vous rassemblez des informations. Je pourrais être utile !

    Yuuma sembla contrarié. Il finit à son tour sa chope de bière avant de reprendre la parole.

    - Ce n’est pas un endroit pour toi. Je ne pourrai pas me renseigner et veiller sur toi en même temps…

    - Je n’ai pas besoin que vous veilliez sur moi !

    Yuuma devina qu’elle avait serré le manche de la lame attachée à sa cuisse, sous la table. Mais elle avait encore tant à apprendre... Il soupira en se grattant l’arrière de la tête. Puis, il se leva.

    - Allons-y dès maintenant.

    Surprise, Ayu se leva d’un bond et le suivit hors de l’auberge. Le soleil était couché à présent, et la jeune fille resserra la cape autour d’elle pour lutter contre le vent plus frais. Ils entrèrent sans aucune difficulté à l’intérieur du bordel. Tout en suivant Yuuma de très près, Ayu observa cet étrange endroit. Il y faisait sombre et un brouhaha constant régnait. Les clients étaient assis autour de petites tables où ils étaient servis par des femmes et quelques hommes en tenues qu’elle jugeait aguicheuses. Beaucoup de ces prostitués restaient auprès des clients pour leur faire la conversation, ou plus. Alors que Ayu regardait un homme peloter la plus grosse poitrine qu’elle n’ait jamais vue, elle heurta violemment le dos de Yuuma qui s’était arrêté.

    - Nous nous asseyons ici.

    Elle s’assit face à lui pendant qu’une femme s’approcha directement de leur table.

    - Bonsoir, mon beau. Et… Es-tu un garçon ? Une fille ?

    Avec horreur, Ayu vit deux mains se rapprocher de son visage et elle tira sur sa capuche pour mieux se cacher.

    - Mon amie est défigurée, intervint Yuuma. Elle préfère se dissimuler le visage.

    - Oh. Ne t’inquiète pas, ma petite, reprit la jeune femme en éloignant ses mains. Tu trouveras ici un amant qui te fera passer un bon moment sans se soucier de tes défauts. Que recherche-tu ?

    - Elle ne fait que m’accompagner, répondit Yuuma d’un ton ferme qui ne laissait place à aucune réplique.

    De toute façon, Ayu avait perdu le courage qu’elle avait rassemblé et ne désirait que de rester auprès du chevalier. Peut-être aurait-elle dû réellement rester à l’auberge.

    - Et toi, mon beau jeune homme ? Demanda la femme en changeant de proie. Que recherche-tu ?

    Elle s’assit sur ses genoux, laissant habilement glisser la bretelle de son haut. Yuuma lui murmura quelque chose à l’oreille et elle gloussa.

    - Très bien, dit-elle en se redressant. Je pense savoir qui pourrait vous convenir. Désirez-vous boire quelque chose ?

    - Une bière sera parfait, répondit Yuuma.

    - Pour moi aussi, répondit Ayu.

    Tandis que la prostituée s’éloignait, Yuuma sourit à sa compagne.

    - Tu bois de l’alcool, maintenant ? Ou avais-tu honte de passer pour une enfant ?

    - Je ne suis plus une enfant, j’ai déjà bu de l’alcool, répondit-elle en espérant que sa gêne ne se voyait pas trop sous sa capuche. Je n’aime juste pas le goût.

    - Fais attention, je n’ai pas envie en plus de te ramener ivre à l’auberge.

    Elle haussa les épaules alors qu’un jeune garçon s’approcha de leur table pour y déposer leur choppe de bière. Il devait à peine être majeur, si il l’était réellement, et était plutôt frêle, mais il semblait très à l’aise. Au plus grand étonnement de la jeune fille, il s’adressa à Yuuma.

    - Bonsoir, je suis Piko. Vous m’avez demandé ?

    Ayu, bouche bée, alternait son regard entre ce jeune garçon et Yuuma qui le fit s’asseoir près de lui.

    - Vous… Vous… Balbutia-t-elle.

    - Pour avoir comparé les deux, oui, je peux dire que j’ai une préférence pour les hommes. Surprise ?

    Ayu but une gorgée de sa chope pour se donner du temps, mais elle faillit s’étrangler alors elle la reposa hâtivement. Elle venait d’apprendre que l’homme qu’elle suivait depuis plusieurs mois maintenant, et qu’elle avait même trouvé plutôt beau, avait eu des relations intimes avec un autre homme. Il y avait de quoi être chamboulé. Mais en y réfléchissant bien, elle se rendit compte que ça ne changeait rien à sa détermination à l’aider dans sa quête. Alors pourquoi se soucier de ce détail ?

    - Ce n’est pas la chose qui m’ait le plus étonnée venant de vous, finit-elle par répondre.

    Yuuma sourit et recentra son attention sur son hôte. Si il voulait le faire parler, il devait montrer patte blanche. Se sentant inutile, Ayu laissa la moitié de sa chope et prit congé. Découvrir cet endroit l’avait perturbée, sans oublier la révélation inattendue sur son compagnon. Elle prit donc du temps pour s’endormir cette nuit-là. Le lendemain, elle remarqua aussitôt que Yuuma était de retour. Déjà habillé pour la journée, il semblait l’attendre.

    - Que s’est-il passé ? S’enquit-elle en repoussant la couverture et se redressant brusquement.

    - C’est une fausse piste, annonça-t-il.

    Mais Ayu voyait dans son regard que ce n’était pas tout ce qu’il avait à dire. Il souriait. Il avait une bonne nouvelle. Elle sentit son cœur s’accélérer à cette perspective, suspendue à ses lèvres.

    - Il a vu deux enfants qui correspondent exactement à nos recherches, expliqua-t-il. Il y a deux ans.

    - C’est une piste bien maigre, soupira Ayu. Ils doivent être loin maintenant.

    - Ce qui est intéressant, est qu’il sait qui se trouvait avec eux, et cela m’a fait comprendre une chose importante. Nous ne cherchons pas aux bons endroits.

    Ayu fronça les sourcils.

    - Tu m’avais dit que tu avais fait parler la directrice de l’orphelinat… Que l’homme venu chercher l’héritier était un chevalier de Miginnie…

    - Elle n’a pas menti. Du moins, elle pensait dire la vérité.

    La jeune fille écouta ce que son compagnon avait appris du jeune Piko. Si c’était la vérité, alors effectivement, suivre les chevaliers de Miginnie était une perte de temps. Si c’était la vérité, ils avaient une nouvelle piste beaucoup plus précise à suivre. Les recherches seraient encore longues, mais elle le sentait : petit à petit, ils se rapprochaient de leur but de mettre la main sur l’héritier.

    ***

    Kyo n’avait jamais réellement oublié l’affront qu’il avait subit de la part de la princesse d’Edior. Allongé sur le dos, il repensait à ce baiser trop bref, à ce corps chaud qu’il avait à peine eu le temps d’effleurer. A côté de lui, une silhouette fine dormait paisiblement, dont il ne voyait que le dos dénudé. Que n’aurait-il pas donné pour que ce soit la princesse ainsi exposée à ses côtés. Peu importe avec quelle femme il passait la nuit, c’était toujours Alys qui obsédait ses pensées.

    Will et Yuu l’encourageaient à la séduire correctement. Mais cela n’avait jusqu’à présent mené à rien. La jeune femme semblait plus attirée par les entraînements que par les hommes. De plus, mise en garde par sa dernière tentative, elle l’évitait et écourtait leurs temps passés ensembles. Kyo se retourna, tournant le dos à sa compagne éphémère, agacé. Cette situation était ridicule. Il était le prince de Katenze et aucune femme ne devrait lui résister ainsi ! Pris d’un élan de témérité, il se leva, s’habilla rapidement et quitta la pièce sans un regard pour sa partenaire. L’énervement et la frustration embuaient ses pensées alors qu’il marchait en hâte parmi les couloirs déserts à cette heure. Quelque part dehors, il entendit un hibou hululer. La nuit était tombée depuis longtemps maintenant. Bien vite, il se retrouva devant la chambre de la princesse. Un garde faisait la ronde dans cette partie du château, s’assurant de la sécurité de l’otage, mais aussi qu’elle ne s’enfuie pas dans l’obscurité de la nuit. Lorsque Kyo lui ordonna sèchement de s’éloigner, le garde ne se fit pas prier et s’éloigna le plus loin possible de la colère de son prince. Ce dernier entra alors dans la chambre. Il la traversa rapidement, se dirigeant droit vers le lit d’où il apercevait la silhouette endormie de la princesse. Arrivé à sa hauteur, il l’observa. Alys, ne l’ayant pas entendu, dormait toujours paisiblement. Un rayon de lune éclairait son visage détendu. La couverture avait glissé le long de son corps, et il voyait sa poitrine légèrement dénudée se soulever régulièrement à chaque respiration. En approchant sa main de son visage, il se rendit compte qu’il tremblait. Etait-ce l’excitation de savoir qu’enfin, cette nuit, elle serait à lui ? Puis, avant qu’il n’ait eu le temps de faire quoique ce soit, la princesse se réveilla. Lorsqu’elle aperçut l’intrus dans sa chambre, elle se redressa brusquement, cherchant à mettre de la distance avec son assaillant. Sa main semblait chercher quelque chose, une arme, quoique ce soit qui pourrait la défendre. Elle reconnut alors son visiteur inattendu. Loin d’en être rassurée, elle le fixait de ses grands yeux effrayés, la respiration coupée.

    Une réalité frappa alors Kyo de plein fouet. Autant il avait envie d’elle plus que tout, autant… il ne souhaitait pas ça. Il comprenait qu’il n’en tirerait pas autant de plaisir qu’il ne le croyait. Ce n’était pas de la peur qu’il désirait voir au fond de ses yeux, mais de la passion. Il voulait qu’elle l’aime, qu’elle s’offre d’elle-même à lui, qu’elle se surpasse pour montrer toute l’envie qu’elle éprouvait pour lui. Ce n’était pas la même chose que pour ses partenaires d’une nuit, il souhaitait quelque chose de beaucoup plus fort. Il n’avait jamais ressenti ça pour une autre femme. Déstabilisé, il recula d’un pas, puis de deux. Enfin, il se retourna brusquement et s’enfuit loin de la jeune femme qui le troublait tant.

    ***

    Alys attendit de longues minutes avant d’oser à nouveau bouger. Elle ne cessait de fixer la porte, mais Kyo semblait bel et bien parti. Elle ne comprenait pas ce qu’il s’était passé dans son esprit pour le faire changer d’avis, mais ses intentions en venant ici en pleine nuit semblaient claires. Après s’être promis de toujours garder une arme sous son oreiller à présent, elle se leva silencieusement du lit et vérifia qu’une lettre se trouvait toujours cachée sous son matelas. Elle la brûlerait dès le lendemain afin d’être sûre que Kyo ne tombe dessus en fouillant sa chambre. A la lumière de la pleine lune, Alys lut une dernière fois la lettre qui lui était destinée. L’écriture familière de son frère lui avait apporté un réconfort certain. Le message était cependant très court et n’expliquait en rien le plan de Syla. Il lui demandait juste de suivre Kaito et de quitter Katenze au plus vite. De lui faire confiance.

    Je te fais confiance, Syla, pensa-t-elle très fort. Attends-moi, et vois de tes propres yeux ma détermination et le résultat de mes entraînements !


  • Commentaires

    1
    Dimanche 30 Septembre à 21:44

    Eh bien, encore un bon chapitre.

    J'aime bien l'introduction du personnage de Gumi. Elle a déjà la classe directement, même si elle a un petit côté discret, j'ai eu tout de suite envie d'en savoir plus sur ce personnage.
    Par contre, je n'aime toujours pas Luka XD Mais comme elle est l'antagoniste, ça veut dire que l'objectif est atteint ^^

    Pendant un moment, dans la scène du bordel, Yuuma m'a un peu fait penser à Littlefinger dans Le Trône de Fer. Il cache pas mal de choses et est très ambigu.
    De manière générale, tous tes personnages sont très bien développés, depuis le début de l'histoire. Chacun a une personnalité propre. On s'attache vite à certains, et on en déteste vite d'autres.

    J'ai l'impression qu'il y a d'ailleurs beaucoup de personnages ambigus. Kyo en est aussi un exemple. J'ai apprécié son retournement. Il n'est pas tout blanc, c'est sûr, mais il n'a pas été trop loin avec Alys.

    Et puis, je sens qu'Alys va avoir un bon côté badass dans les chapitres suivants ^^

      • Dimanche 30 Septembre à 22:24

        Merci pour ton avis !

        Au départ, ce n'était pas le rôle que j'avais prévu pour Gumi, mais j'espère que ça lui conviendra bien ^^

        C'est sûr que, pour l'instant, Luka ne donne pas forcément envie d'être appréciée x)

        Ah oui ? Je dois avouer que je ne pensais pas que ce serait ce genre d'impression qui ressortirait pour Yuuma dans ce chapitre x)

        Je crois que j'aime bien les personnages ambigus x) Disons que j'essaye de faire en sorte que mes personnages ne soient pas "tout blanc" ou "tout noir". C'est pareil dans la vraie vie après tout. J'aime bien faire évoluer mes personnages aussi, aussi bien les protagonistes que les antagonistes ^^

      • Lundi 1er Octobre à 21:31

        De rien x)

        Ah ok, en tout cas, elle donne envie d'en savoir plus sur elle.

        Pour Yuuma et Littlefinger, je pense que c'est peut-être la scène du bordel qui m'a influencée XD Mais en tout cas, c'est un personnage ambigu (et puis je l'imagine avec pas mal de charisme, un peu comme Littlefinger quoi ^^ ça doit jouer aussi)

        Les personnages ambigus, ce sont souvent les plus intéressants. En tout cas, ça marche bien pour l'instant, j'aime bien l'évolution de tous les personnages.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :