• Chapitre 7

    - Je refuse de la voir ! Qu’elle s’en aille !

    Kyo, furieux, restait allongé dans son lit, les bras croisés derrière la tête. Ses cheveux bruns mi-longs retombaient en désordre sur l’oreiller. Il n’avait toujours pas digéré le mariage arrangé par ses parents. Comment osaient-ils le marier avec une princesse d’un royaume sur le point de perdre une guerre ? De plus, il avait déjà eu l’occasion de rencontrer la princesse Alys par le passé et il en gardait comme souvenir une fille trop timide, trop sage et obéissante, trop fade. A ses côtés, ses gardes et confidents échangèrent un regard. Le plus jeune, un blond aux traits fins, se nommait Yuu, tandis que le plus grand, aux cheveux noirs et à l’allure ténébreuse, portait le nom de Will.

    - Kyo, selon les indications de Maika, elle sera ici d’une minute à l’autre, remarqua Will. Tes parents seront furieux si tu ne l’accueilles pas convenablement.

    - Laisse-lui au moins une chance, l’implora Yuu. On ne sait même pas si le mariage aura réellement lieu, les dernières nouvelles venant d’Edior étaient très inquiétantes…

    - Raison de plus pour ne pas la voir, le coupa Kyo, borné.

    Il se leva du lit, pris d’une soudaine motivation.

    - Mes parents veulent que je l’accueille ? Très bien, je vais lui souhaiter la « bienvenue ».

    Kyo sortit de la chambre et dévala les escaliers, suivi par ses gardes qui tentaient de le raisonner. Mais il ne les écoutait plus. Il était hors de question qu’on le force à se marier. Dès qu’il verrait la princesse, il lui ferait comprendre qu’il n’a aucune envie d’elle comme épouse, qu’elle n’avait pas sa place ici, qu’elle...

    Il se stoppa net en arrivant dans le hall, Will et Yuu manquant de le percuter. Elle était là. Accompagnée de son chevalier et des cavaliers qui l’avaient escortée, la princesse Alys lui tournait le dos, discutant avec la capitaine de la garde, Maika. Elle portait une robe indigne d’une princesse, se moquait-elle de lui en se présentant à lui dans cette tenue ? Bien qu’il avait entendu parler de ses mésaventures, il n’en avait que faire et il s’avança vers elle d’un pas plus décidé que jamais. En remarquant son arrivée, les discussions s’arrêtèrent et Alys se tourna vers lui.

    Le temps sembla soudain se figer. Toute la détermination de Kyo se volatilisa. La princesse était infiniment plus jolie que dans ses souvenirs. Sa robe trop simple la mettait étrangement en valeur, et sa poitrine manquait de s’échapper du tissus fin au moindre mouvement brusque. Son visage était délicat, et ses yeux brillant d’inquiétude lui fit perdre ses moyens.

    -Votre Altesse… Balbutia-t-il en se reprenant. Vous êtes aussi magnifique que dans mes souvenirs. J’attendais votre arrivée avec la plus grande impatience.

    Heureusement que Will et Yuu furent capables de cacher leur étonnement. La princesse Alys, soulagée par ses paroles rassurantes, fit une révérence.

    - Prince Kyo. Je suis honorée de vous revoir. Veuillez me pardonner de me présenter à vous dans cette tenue.

    Kyo sourit. Une femme docile et au corps magnifique s’offrait à lui. Finalement, se marier et faire des enfants ne serait pas une si grande corvée, avec elle pour épouse.

    ***

    Encouragée par sa rencontre avec le Prince Kyo, Alys le suivit à la salle du trône, ainsi que Maika et sa seconde aux cheveux rouges, Leora. Takahashi fermait la marche, tout en surveillant de près les jumeaux, la princesse ayant demandé à enlever leurs entraves pour leur procès. Dans la plus grande salle du château, la princesse s’inclina et se présenta au roi et à la reine de Katenze. Elle récita les paroles de politesse qu’elle apprenait depuis sa plus jeune enfance, et les souverains, touchés par ses mésaventures, se montrèrent particulièrement prévenants.

    - Bienvenue à Katenze, Alys, conclut le roi, le portrait craché de son fils avec quelques années de plus. Nous ferons notre possible pour punir les brigands qui s’en sont pris à vous. Ces deux-là en font-ils partie ?

    Il désigna les jumeaux, qui attendaient de connaître leur sentence avec inquiétude. Au mieux, ils seraient jetés en prison pour expier leurs fautes, au pire, ils seraient exécutés dès l’aube pour servir d’exemple. Et comme ils s’en étaient pris à une princesse... Alys prit une profonde inspiration, s’étant préparée à ce qu’elle devrait dire à ce sujet.

    - Oui, Votre Majesté. Cependant, ils faisaient partie de ce groupe à contrecœur et ils souhaitent à présent obtenir votre pardon afin de revenir à une vie normale. Ils n’ont commis aucun méfait grave, les brigands se servaient plutôt d’eux pour les corvées. Ils m’ont été d’un grand soutient lors de cette épreuve, aussi ont-ils toute ma gratitude et je vous demande personnellement de faire preuve d’indulgence envers eux.

    Elle sentait le regard réprobateur de Takahashi la toiser, mais elle n’y fit pas attention. Il était vrai qu’elle avait arrangé la vérité, mais elle connaissait le sort réservé aux brigands et elle restait persuadée que Roku méritait une meilleure vie. Il s’agissait du seul moyen de sauver le cadet, et elle se persuadait de plus en plus que Kyuu aussi pourrait vivre une vie normale grâce à l’influence de son jumeau. Elle l’espérait du moins, car en cas d’une quelconque trahison de leur part, la faute retomberait sur elle. Les deux frères semblaient étonnés de la tournure des événements, mais ils eurent l’intelligence de garder le silence.

    - Qu’ils se repentissent ou non, si ils ont vécu avec ces brigands, on ne peut pas les laisser en liberté ! Nous ignorons leurs intentions ! Lança Leora, visiblement furieuse.

    - Leora, je t’ai déjà dit de ne pas intervenir sans en avoir l’autorisation, la réprimanda Maika.

    - Mais elle n’a pas tort, intervint Kyo. De plus, en ces temps de trouble, nous avons bien mieux à faire que de recueillir n’importe qui.

    Le roi leva la main, et le silence se fit aussitôt.

    - Comment vous appelez-vous ? Demanda le souverain sans une once d’agressivité.

    - Kyuu et Roku, répondit l’ainé d’une voix peu assurée, sans préciser lequel était lequel.

    - Confirmez-vous les paroles de la princesse Alys ?

    - Oui, reprit à nouveau le plus âgé, semblant plus sûr de lui. Bien que nous ne l’avons pas fait que dans ce but, nous espérions que veiller sur la princesse lors de sa captivité nous permette d’être pardonnés et d’obtenir du travail ici.

    Alys fit étonnée que ce soit Kyuu et non Roku qui exprime leur souhait de se repentir. Elle faillit lever les yeux au ciel en l’entendant prétendre avoir veillé sur elle, ayant plutôt l’impression que c’était elle qui avait le plus veillé sur eux, mais elle se contrôla, ne voulant pas tout faire rater.

    - Bien. Nous vous ferons travailler aux cuisines, sous étroite surveillance. Si vous n’avez réellement rien à vous reprocher, vous pourrez faire vos preuves ici.

    - Mais… Intervint à nouveau Kyo.

    - Nous n’avons pas de raison de refuser la faveur de notre invitée, reprit-il. Nous nous fions à tes paroles, Alys.

    Alys se détendit. Le roi semblait bienveillant et généreux, contrairement à son fils. Les jumeaux durent encore jurer fidélité au roi, et ils en profitèrent pour le remercier de sa clémence, puis un garde les escorta hors de la salle du trône. En voyant la porte se refermer derrière eux, Alys se rendit compte qu’elle ne les croiserait sans doute plus, mais elle se sentait satisfaite de la bonne action qu’elle venait de commettre. En espérant que cela ne se retourne pas un jour contre elle.

    Le roi convoqua alors son conseil et la jeune princesse fut invitée à la séance. Elle savait que celle-ci était cruciale pour son royaume.

    - Nous enverrons des patrouilles aux alentours des villages aux abords de la forêt, annonça le roi lorsque le conseil débuta. Nous continuerons à protéger notre peuple des brigands.

    - Je peux vous donner au mieux l’emplacement où nous avons été attaqués, prit l’initiative de dire Alys. Mes servantes sont toujours portées disparues…

    Il y eu un petit silence gênant, pendant lequel Alys se rendit compte que le roi ne comptait pas lui demander cette information.

    - Bien sûr, ceux qui vous ont fait du tort méritent d’être punis, reprit le roi. Nous ferons notre possible pour que justice soit faite. Malheureusement, je crains que nous ne puissions plus faire grand-chose pour vos servantes, et il nous est plus utile de garder nos forces pour d’autres tâches plus urgentes.

    Alys sentit ses joues s’empourprer. Elle n’avait pas l’habitude des conseils royaux, contrairement à Syla, et sentit perdre le courage qu’elle avait rassemblé pour prendre la parole.

    - Je… Je comprends.

    La discussion s’orienta enfin vers l’attaque de Miginnie contre Edior.

    - Aux dernières nouvelles, les troupes de Miginnie se rassemblaient aux portes du château d’Edior, annonça un chevalier du conseil. D’après nos estimations, le château ne tiendrait sans doute pas plus de deux semaines aux assauts.

    - Dans ce cas, vous devez partir immédiatement ! Ne put s’empêcher de s’exclamer Alys, inquiète.

    -Vous devez, vous devez, entendit-elle malgré que les paroles furent dites à voix basse. Pour qui se prend-elle ?

    Alys n’eut pas besoin de se tourner pour deviner que la personne qui avait parlé était Leora, la seconde de Maika. Autant elle avait profité du voyage jusqu’au château pour créer des liens avec la capitaine, autant elle sentait que la seconde ne la portait pas dans son cœur. A nouveau, elle sentit ses joues s’empourprer.

    - Je veux dire, s’il vous plait, aidez mon royaume au plus vite.

    - Et qu’y gagnerons-nous, à les aider ? Lança un vieux conseiller en se grattant la barbe.

    - Nous avons un accord entre nos royaumes ! Lui rappela Alys. Mon mariage avec le prince Kyo !

    Ce dernier, assis à côté d’elle, lui prit la main dans la sienne, en la caressant doucement.

    - Calmez-vous, ma Douce. Nous possédons des informations et un point de vue externe que vous n’avez pas. Laissez le conseil réfléchir aux meilleurs solutions à prendre.

    Alys serra les dents. Etait-il en train de lui dire qu’elle devait rester silencieuse pendant que se jouait l’avenir de son royaume ? N’était-elle ici que pour jouer la douce fiancée du prince ? Elle baissa la tête, perdue entre la colère et la honte. C’est la dernière qui l’emporta, et abattue, elle ne dit plus un mot. Les conseillers argumentaient, les chevaliers parlaient de tactiques de guerre, le roi écoutait, l’air songeur. Avant même qu’il ne prit de décision, Alys sentait que la situation n’allait pas à son avantage.

    - Une victoire contre Miginnie est possible, assurait un chevalier. Mais nous risquons de subir de lourdes pertes. Nous avons tous été surpris par leur avancée miraculeuse. Et ils nous réservent sûrement d’autres surprises.

    - Nous aurions pu l’envisager si nous étions partis plus tôt, parla un autre. Mais comme nous ignorions si la princesse arriverait… Même si nous partions dès demain, nous risquons d’arriver trop tard.

    - Sommes-nous prêts à prendre le risque de retourner Miginnie contre nous, alors qu’ils viennent de nous proposer une alliance ? Demanda un conseiller.

    Voici donc les informations que je ne possède pas, maugréât Alys. Miginnie leur a également proposé un accord !

    - Votre Majesté, nous nous retrouvons entre deux camps, remarqua un conseiller au roi. Ne vaut-il pas mieux rester neutre en attendant de voir comment la situation évolue ?

    Mais la situation évoluerait de manière différente si vous aidiez Edior ! Eut envie de crier Alys.

    Mais elle ne dit rien. Elle se rendait bien compte à présent que cela serait inutile. Son avis n’avait aucune valeur ici. Désespérée, elle tourna son regard vers le roi, comme toute l’assemblée.

    - Edior comprendra que nous n’avions pu agir sans avoir la certitude que la princesse était vivante, déclara-t-il. Il est trop tard maintenant, nous mêler à ce conflit ne nous causerait que des pertes et du tort. Nous accepterons l’accord commercial de Miginnie. De plus, le mariage est reporté tant que la situation d’Edior ne sera pas stabilisée.

    Il se tourna vers Alys, qui sentait tous ses espoirs s’envoler. Dire qu’elle avait trouvé ce roi bienveillant et généreux, elle le trouvait à présent traître et lâche.

    - Ne t’inquiète pas, Alys. Mariage ou non, tu seras traitée ici comme l’invitée d’honneur que tu es.

    Malgré toutes les paroles qu’aurait voulu dire la fille à la tresse en ce moment, elle se contenta de remercier le roi, vaincue. La séance se termina alors. Pendant que tous les conseillers discutaient dans une ambiance légère, Kyo fit un baise main à sa promise.

    - Mariage ou non, je suis sûr que nous deviendrons très proches, lui assura-t-il avec un sourire qui ne plut pas à la jeune fille.

    - Votre Altesse, l’interpella Maika. Je vais vous conduire à vos appartements.

    Alys hocha la tête, toujours incapable de prononcer un mot, et elle suivit la capitaine en dehors de la salle. Elle remarqua très vite que Leora les suivait.

    - Je suis navrée que cela se passe ainsi, dit Maika en marchant. Je le pense sincèrement.

    - Merci, répondit Alys, réellement touchée.

    Elle sentait bien que Maika l’appréciait énormément. Peut-être s’était-elle fort reposée sur elle lors du chemin, envieuse de retrouver une relation amicale avec une femme suite à la perte de ses servantes. Et la capitaine l’avait prise sous son aile.

    - Moi aussi, je suis navrée, lança Leora. Navrée de votre comportement.

    - Leora ! S’indigna Maika.

    - Je ne comprends juste pas, s’énervait la jeune femme. Comment peut-elle rester les bras croisés pendant que son royaume se fait condamner ?

    - Tu ne sais pas de quoi tu parles, se défendit Alys. Je suis une étrangère ici, rien de ce que j’aurais dit…

    - Est-ce que jouer les victimes a été plus productif ?

    - Je ne joue pas les victimes !

    Maika observait l’échange, impuissante. En temps normal, elle aurait dû arrêter sa seconde, mais vu que la princesse répondait, elle ne pouvait intervenir sous peine de mettre en doute son autorité.

    - Tu es la victime par excellence ! Répliqua Leora, oubliant par la même occasion les règles de politesse. Tu obéis à tout ce qu’on t’ordonne ! A part pleurer pour tes servantes, qu’as-tu fait pour elles ? Pourquoi te montres-tu si gentille avec les brigands qui ne te voyaient que comme monnaie d’échange ? Que vas-tu faire maintenant pour ton royaume, te morfondre dans ta chambre pendant que ton château se fait assiéger ?

    - Que veux-tu que j’y fasse ?! S’exclama Alys, comme si toutes ses frustrations avaient besoin de sortir. Je ne peux rien faire ! Je ne peux… rien…

    Elle tomba à genoux, accablée.

    - Je suis… faible.

    Leora s’avança, la dépassa, puis sans se retourner, reprit la parole.

    - Oui, tu es faible. Et ce n’est pas en s’en lamentant que ça va changer.

    Alys serra les poings, sentant les sanglots qu’elle retenait s’échapper malgré elle. Leora avait raison, elle ne faisait que subir, accepter son rôle de victime. Et ce depuis qu’elle était toute petite. Elle avait toujours appris à obéir, à rester à sa place. C’était pour cette raison que, malgré ses réticences, elle était partie se marier à un inconnu. Et elle était tellement faible. Alors que la Reine Luka relevait à elle seule un royaume en perdition et gagnait les batailles les unes après les autres, elle était incapable de protéger ses meilleures amies. Ni de se protéger elle-même. Même Kaito n’avait dû la voir que comme une femme fragile. Elle pensait que c’était normal pour une femme. Pourtant, Luka, mais aussi Maika et Leora prouvaient que des femmes pouvaient également être fortes. Alors pourquoi pas elle ?

    Leora a raison… Ce n’est pas en me lamentant de ma faiblesse que les choses vont changer…

    Elle essuya ses larmes du revers de la manche de sa robe. Etrangement, craquer lui avait fait du bien.

    - Maika… Je veux apprendre à me battre.

    Leora reprit sa marche sans qu’Alys ne put voir son petit sourire satisfait.

    - Vous en êtes sûre ? Demanda Maika.
    - Oui. Je sais qu’il me faudra du temps. Et que je ne pourrai pas sauver mon royaume seule. Mais je veux au moins être capable de protéger les personnes qui me sont chères. Et… j’ai l’impression que devenir plus forte physiquement m’aidera aussi à devenir plus forte mentalement.

    Elle se releva et, relevant la tête, reprit la marche aux côtés de la capitaine.

    - Je ne vous ferais pas de cadeau, remarqua cette dernière, semblant assez satisfaite de l’évolution de la situation.

    - J’en suis consciente. Oh, et tu peux me tutoyer. Si Leora se le permet…

    - Je suis désolée pour son comportement. Je lui en toucherai un mot.

    - Non, pas la peine.

    Alys savait que la jeune femme aux cheveux rouges prendrait du temps à la respecter. Mais elle ne pouvait nier que ses paroles avaient été la claque dont elle avait besoin. Alors, d’une certaine manière, elle lui était reconnaissante.

    C’est tout ce que je peux faire pour le moment. Devenir plus forte et, au moment voulu, aider mon royaume de mes propres mains. Je veux changer.

    Je peux changer.

    ***

    La cuisine, plongée dans l’obscurité, avait quelque chose de sinistre. Pourtant, Meiko y trouvait toujours une certaine sérénité lorsque l’insomnie la frappait. Mais pas cette fois. Assise sur une chaise, la chef cuisinière, accablée, essayait de se calmer.

    Yukari était morte. Plus jamais son amie ne viendrait partager avec elle les ragots qu’elle aimait tant. Un chevalier du nom de Yuuma été venu rapporter la triste nouvelle, ayant découvert son corps sans vie sur le chemin du retour au château. Elle aurait été attaquée par des brigands de passage, attirés par ses beaux habits. Le crime avait été si sauvage que même la mère de Yukari ne put voir son corps avant l’enterrement.

    Un sanglot s’échappa de la gorge de la jeune femme. C’était entièrement de sa faute. Jamais elle n’aurait dû mêler Yukari à tout ça. Car Meiko savait que Yuuma mentait. Elle savait que son amie avait été tuée parce qu’elle avait découvert quelque chose d’important. Elle faisait elle-même partie du groupe de l’opposition qui connaissait la vérité sur l’héritier. Au fond d’elle, elle était heureuse que Yukari s’approche de la vérité, car elle souhaitait la faire rejoindre son camp. C’était pour cette raison qu’elle lui avait donné l’adresse d’Inda. Elle le regrettait à présent amèrement.

    Ils me le payeront, jura-t-elle dans le silence de la nuit.

    ***

    La reine Luka observait la lune à travers la fenêtre de sa chambre. Devant la porte close, Yuuma, son fidèle chevalier, venait de faire son rapport et attendait que sa maîtresse réagisse. Cette dernière prit le temps avant de reprendre la parole, comme plongée dans ses pensées.

    - Nous avons donc un problème supplémentaire, finit-elle par dire sans se retourner.

    - En effet.

    - Peu importe. J’éliminerai tous les obstacles qui se dresseront sur ma route. Bon travail, Yuuma. Nous avons fait un bon pas en avant.

    - C’est grâce à votre idée d’utiliser la jeune Yukari, remarqua le chevalier modestement.

    - Oui. Il va me falloir une nouvelle servante. De préférence une fille qui m’admire autant que Yukari m’admirait, pour pouvoir m’en servir également si nécessaire.

    La reine se retourna vers le chevalier.

    - J’ai mis Meiko sous étroite surveillance. Si elle fait partie des rebelles, elle comprendra ce que la mort de Yukari signifie. Il ne faut pas qu’elle prévienne les autres opposants de notre avancée. Ne perds pas de temps, Yuuma. Même si nous connaissons maintenant toute la vérité, la trace de l’héritier reste maigre. Retrouve cet homme, et règle cette histoire une bonne fois pour toute.

    - Oui, Votre Majesté.

    - Je dois me rendre immédiatement à Edior pour encourager mes hommes lors du dernier assaut, et prendre possession du château. Les habitants d’Edior auront bientôt une nouvelle reine à acclamer.

    Yuuma restait silencieux, sachant que Luka n’attendait pas d’intervention de sa part. Il ne doutait pas de la victoire de Miginnie sur Edior. Suite à la mort tragique du roi Edwin, Edior avait été le royaume qui avait le plus profité de la faiblesse du pays pour s’emparer de territoires, aggravant les difficultés de Miginnie à se suffire à eux-mêmes. C’était donc un juste retour des choses que Luka s’empare maintenant entièrement d’Edior. Edior avait des terres fertiles et de nombreux champs, cela suffirait à Miginnie pour retrouver sa grandeur. L’équilibre se rétablirait, et les guerres entre les différents royaumes limitrophes prendront enfin fin.

    Chapitre 8 >>


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  • Commentaires

    1
    Mardi 3 Janvier à 21:42

    C'est parti pour mon avis:

    Déjà, c'était un chapitre très intéressant. Malgré le fait qu'il soit assez bavard (ce qui n'est pas une critique, après le chapitre précédent, c'est plutôt normal), j'ai trouvé qu'il y avait pas mal de moments de tension, et que tout ça était bien géré.

    J'aime bien le fait que Kyo ne soit pas enthousiaste à l'idée du mariage, puis change subitement d'avis à la vue d'Alys, ce moment m'a bien fait rire, surtout cette phrase : "Finalement, se marier et faire des enfants ne serait pas une si grande corvée avec elle."^^

    J'espère sincèrement qu'on reverra les jumeaux dans l'avenir, je m'étais attaché à eux n'empêche, et j'aimais bien leur caractère. Mais bon, le roi les a sauvés donc c'est encore possible, je croise les doigts !

    Ensuite vient la scène que j'ai préférée, celle du Conseil: comme je l'ai dit, c'est peut-être bavard, mais la tension est bien gérée, de sorte qu'on en rate pas une miette. J'ai même hurlé devant mon PC (un peu^^) quand le Roi a décidé de retourner sa veste ! Je ne l'avais pas vu venir... J'ai été surpris, donc c'est très positif.

    Et puis, la relation entre Alys et Leora est très intéressante. Sans être totalement ennemis, on sent que c'est électrique entre elles... Ce chapitre permet de bien introduire ça, et on veut en savoir plus. Surtout que maintenant, elle va apprendre à se battre. C'est prometteur...

    Puis la fin laisse entrevoir encore pas mal de surprises concernant l'héritier. Et la Reine Luka m'a l'air d'être une grande manipulatrice (ça me fait bizarre, parce que dans ma fiction, elle est très gentille, au contraire)

    Voilà, en résumé, l'histoire progresse très bien, et on a toujours envie d'en savoir plus. C'est toujours très bien écrit (d'ailleurs, je ne sais pas si je te l'ai déjà dit, mais je trouve que tu décris extrêmement bien l'état d'esprit des personnages, ce qui augmente notre attachement à eux (tu es bien plus douée que moi sur ce point), et puis le vocabulaire utilisé est élevé tout en restant compréhensible).

    Bon courage pour la suite, j'ai hâte !^^

    2
    Citron
    Mercredi 4 Janvier à 22:07

    J'adore comment Kyo est déterminé à rejeter Alys et comment il retourne sa veste d'un coup XD

      • Dimanche 6 Août à 22:01

        J'adore ce passage aussi x)

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